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  • La Belgique, refuge des grandes fortunes

    En Belgique, si l'on veut payer moins d'impôts, mieux vaut être un riche rentier qu'un cadre supérieur actif. Alors que le royaume taxe impitoyablement les revenus du travail, pénalisant lourdement les salariés, il se montre extraordinairement accueillant à l'égard des gros détenteurs de capitaux. Ainsi, Tournai, dans la région francophone, et Courtrai, dans la région flamande – deux cités jouxtant la frontière – tirent notamment leur réputation des riches Français qui s'y sont installés pour des raisons fiscales.



    On y croise une grande partie de la famille Mulliez, propriétaire d'Auchan et de Décathlon, une héritière des Cristalleries d'Arques, les frères Letarte, propriétaires des laboratoires Anios, Luc Doublet, PDG de l'entreprise éponyme, fabricant de drapeaux... Selon la municipalité de Tournai, plus de 3 500 Français vivent dans cette commune peuplée de 77 000 habitants.


    Depuis peu, c'est la capitale, Bruxelles, qui voit débarquer ces riches Français, élisant domicile dans les communes huppées au sud de la capitale. On les reconnait facilement, les pères viennent chaque jour dans des grosses berlines déposer leurs enfants au Lycée français et viennent les rechercher. On voit bien qu'ils ne travaillent pas.Depuis trois ou quatre ans, ils sont de plus en plus nombreux à s'installer ici, dotés d'un gros portefeuille de titres. La raison de cet engouement : absence d'impôt sur la fortune, absences d'impôts sur les plus-values des actions...


    Par ailleurs, la valeur des immeubles est – très curieusement – indexée sur un indice cadastral, totalement obsolète et jamais réévalué, et non pas sur la valeur locative de l'appartement ou de la maison. Ce qui aboutit de facto à une «sous-déclaration» des biens immobiliers. Seule condition : ce dernier doit être loué à des fins privées. L'avantage est d'autant plus grand que les prix d'achat de l'immobilier sont beaucoup moins élevés en Belgique qu'en France. Pour bénéficier de ces douceurs fiscales, les candidats à l'expatriation doivent néanmoins prouver à l'administration locale qu'ils habitent de manière permanente en Belgique, pays où se situe le centre de «leurs intérêts vitaux» (famille, école, travail...).


    Certains s'efforcent de donner le change, n'hésitant pas à maintenir les lumières allumées dans un appartement inhabité ou à y affecter domestiques et femmes de ménage. Mais le fisc belge est de plus en plus attentif aux faux résidents qui se domicilient dans le pays. Pour leur part, les Français salariés, expatriés en Belgique pour des raisons strictement professionnelles, adoptent souvent le comportement inverse: beaucoup plus fortement taxés qu'en France, certains s'efforcent de dissimuler leur domiciliation belge.